Le blog du PS de Saint-Mandé

2 mars 2009

Saint-Mandé Débats (février 2009)

Filed under: — PS-Saint-mande @ 14:03

FACE AU RECUL ECONOMIQUE ET SOCIAL,

FACE AU RECUL DEMOCRATIQUE ET MORAL,

AGIR POUR UN AUTRE MODELE DE SOCIETE

L’année 2008 a été celle de tous les reculs, avec la multiplication de mesures hâtives et régressives.

Un recul économique et social, avec la baisse du pouvoir d’achat et l’augmentation du chômage qui n’ont pas attendu la crise financière pour s’installer en France. Près de 2,5 millions de personnes ont manifesté le 29 janvier, des jeunes, des retraités, des salariés du privé et des salariés du public, pour dire à Nicolas Sarkozy qu’il doit changer sa politique.

Un recul démocratique et moral, avec la mise en danger du Planning Familial, outil indispensable au service de la liberté des femmes, les atteintes à l’indépendance de la justice et à la liberté de la presse, la loi sur l’audiovisuel public qui permet au président de la République de nommer et de révoquer le président de France Télévisions. Et que dire de cette loi organique prise en application de la réforme constitutionnelle qui devait accroître les droits du Parlement, et finalement aboutit à brider ceux de l’opposition?

L’année 2009 doit être celle de la mobilisation pour la défense des emplois, du pouvoir d’achat, des services publics, de la protection sociale et des libertés publiques.

Le Parti socialiste est de retour pour s’opposer aux dérives actuelles mais aussi pour proposer d’autres réponses, et agir là où il est en responsabilité.

Face à l’inaction économique du gouvernement, dénoncée dans une motion de censure qu’ils ont présentée le 27 janvier au Parlement, les députés socialistes n’ont cessé de réitérer leur demande d’un plan de relance massif, équilibré entre la consommation et l’investissement, et produisant des effets à court terme.

Le Parti socialiste soutient aussi « l’Appel des appels », qui coordonne magistrats, journa-listes, statisticiens, artistes, médecins et psychiatres, enseignants et chercheurs, tous ceux qui constatent chacun dans sa profession que les « réformes » du gouvernement sont autant de régressions mettant gravement en danger leurs missions.

Oui, le Parti socialiste est bien présent pour dénoncer, proposer et agir, aussi bien au niveau national que dans notre ville de Saint-Mandé, où nous souhaitons ouvrir un espace de débats.

Sandra Provini, secrétaire du PS de Saint-Mandé

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VERS LA MONOCRATIE ?

En matière de sécurité, la politique du chiffre brandie par Nicolas Sarkozy met à mal les libertés publiques sans produire les résultats attendus : les violences sur les personnes ont augmenté de 2,4% en 2008, noyées dans l’ensemble des données sur la délinquance. L’objectif véritable serait-il le contrôle social ? Force est de constater que la tendance actuelle entraîne une réduction progressive de l’espace démocratique. Cette politique du ressentiment vient fissurer les fondements du contrat républicain par l’exacerbation des peurs et la désignation permanente de boucs émissaires.

La détérioration du climat est sensible et délibérée. L’intimidation par la garde à vue, notamment vis-à-vis de personnes s’opposant à la traque des sans-papiers, et les abus d’autorité se banalisent : de plus en plus de citoyens ordinaires racontent leur mésaventure et le traumatisme vécu, par exemple l’incursion de gendarmes et de chiens dans des classes d’école. Instrumentalisant les faits divers et la douleur des victimes, Nicolas Sarkozy commande à chaud des « réformes » spectaculaires mais néfastes, sans consulter en amont les corps intermédiaires, sans même discuter avec les professionnels concernés. Les fichiers de police se multiplient (34 en 2006, 45 en 2008), on déshumanise la justice en l’automatisant, les peines planchers (inefficaces d’après la Commission d’analyse et de suivi de la récidive) engorgent les prisons, la rétention de sûreté systématise l’incarcération pour des actes criminels futurs supposés, on agite la menace « terroriste » qui se décline à l’infini, etc. La volonté de mise en centre d’hébergement imposée et de rétablissement de soins sous contrainte participent du même autoritarisme régressif, indigne d’une démocratie moderne et apaisée.

Depuis qu’il a remporté l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy semble considérer que les Français lui ont cédé tous les pouvoirs. Ainsi, il traite le Parlement comme une chambre d’enregistrement et l’opposition comme un adversaire déloyal et illégitime dont le temps de parole doit être réduit. Pourtant, l’Élysée n’est pas le dépositaire unique et perpétuel de la volonté du peuple. En renforçant son emprise sur l’appareil d’État, en cherchant à disqualifier ou à sanctionner des contradicteurs qui exercent leur liberté de jugement, en dénigrant les contre-pouvoirs jusque dans la société civile, en restant sourd aux protestations les plus massives, Nicolas Sarkozy bafoue l’histoire de la France et de sa lente construction démocratique.

Il y a quelques mois, il osait affirmer que si les Français étaient déçus, c’était parce que les « réformes » n’avançaient pas assez vite. Aujourd’hui, il ne s’embarrasse même plus de savoir ce que veulent les Français.

Comme l’a dit Robert Badinter : « Nous vivons actuellement dans ce que j’appelle une « monocratie », le pouvoir d’un seul homme démocratiquement élu par le peuple pour cinq ans. Quand j’entends la parole élyséenne, je sais ce que sera la loi. Et cela me rappelle l’axiome de l’ancienne monarchie : « Cy veut le roi, cy fait la loi. »

ER/GD

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REGARDS SUR LA CRISE

L’explosion du capitalisme à « bulles »

Depuis des années, les exigences excessives des détenteurs d’actifs financiers (15 à 20% de rendement des fonds propres) conduisent à un déséquilibre : pour que le capital s’accroisse de 15% annuels de manière pérenne alors que la production augmente de 3 à 5%, il faut comprimer les salaires : en France, la part des salaires dans le PIB a baissé de 9,3% entre 1983 et 2006. Mais cela ne suffit pas. En moyenne, un PDG du CAC 40 gagnait, en 2008, 6 millions d’euros par an soit environ 500 fois le SMIC. Aucune contorsion financière ne suffit à assurer cette ampleur d’inégalités : d’où l’explosion de bulles, attirant puis dégonflant brutalement une part des capitaux en recherche de rentabilité : bulle Internet de 1999 à 2002, bulle immobilière de 2000 à 2006-2007, rapide bulle sur le pétrole (de 40 à 145 $/baril), les matières premières et les denrées agricoles en 2007-2008. Cette dernière bulle a été violemment crevée par l’illiquidité des banques américaines (et d’autres pays) qui, pour tenter de gagner quelques commissions de plus, quelques dollars de plus, ont enfoncé plus de 11 millions de ménages dans un surendettement insurmontable et ont diffusé partout des titres de ces crédits « toxiques ».

A crise mondiale, solution mondiale : américaine, européenne, chinoise, etc. Mais la France peut, pour sa part contribuer à chercher une issue : en amorçant une stimulation de la consommation et de l’emploi sans délai et en jetant les bases du futur (recherche, innovation, investissement).

Un plan contre la crise

La demande est déficiente, il faut d’urgence relancer le pouvoir d’achat : 500 € aux 9 millions de titulaires de la prime pour l’emploi et à tous les titulaires de minima sociaux, relèvement du SMIC et des allocations logement…

Il faut protéger l’emploi et les salariés : pas de suppression de postes dans la fonction publique, meilleure indemnisation du chômage partiel et des licenciements économiques, créer 100 000 emplois aidés et 100 000 emplois pour le secteur non marchand, réduire les inégalités dont certaines confinent au scandale, …

Il faut relancer rapidement l’investissement : en liaison avec les collectivités territoriales ; en planifiant le rattrapage urgent de l’hôpital public, qui, n’en déplaise à Roselyne Bachelot, ne connaît pas que des problèmes d’organisation mais surtout de sous-effectif ; en mettant en chantier 300 000 logements sociaux bienvenus pour les employeurs, les usagers et les travailleurs ; en organisant la croissance verte (rénovation écologique de 400 000 logements, etc.) ; en cessant de maltraiter la recherche, le CNRS, les chercheurs, les enseignants, l’Université ; en bloquant les transferts vers les paradis fiscaux : nous avons besoin de cet argent chez nous.

Cela coûterait, après retrait de la loi TEPA (« paquet fiscal »), environ 40 milliards d’euros : mais cela en vaut la peine car injecter cette somme dans l’économie, c’est créer des nouveaux emplois, abonder les régimes sociaux, renflouer le budget par des suppléments d’impôts, relancer la demande et la production et donc créer une spirale vertueuse pour nous protéger, autant que faire se peut, des effets déflationnistes et délétères de la crise.

RL

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LA PAROLE A NOS ELUS

En ces temps de crise, la question de l’application effective de la loi SRU dans notre commune demeure l’une de nos principales préoccupations. Notre persévérance en la matière a contribué à une certaine évolution de la situation : quelques réalisations ont été obtenues mais dans des proportions encore insuffisantes !

Nous n’avons pu éviter que la ville ne vende des appartements dont elle était propriétaire ou encore refuse de faire du logement social dans un petit immeuble dont elle venait d’hériter. Mais aujourd’hui la commune, après avoir dû régulièrement s’acquitter de la pénalité prévue en cas d’inobservation de la loi SRU, s’est vu notifier le 3 juillet 2008 un constat de carence pour ne pas avoir atteint les objectifs qui étaient les siens pour la période triennale 2005-2007.

Saint-Mandé a été ainsi conduite à signer avec l’Etat un contrat de mixité sociale l’engageant à la mise en œuvre de toute une série d’actions – expropriation par Déclaration d’Utilité Publique d’immeubles insalubres où des situations d’habitat indigne ont été identifiées, repérage de logements vacants avec prise de contact des propriétaires concernés (ce que nous n’avons cessé de réclamer durant la précédente mandature), mise en place d’une veille foncière pour détecter des opportunités foncières – afin de créer 172 logements sociaux d’ici 2010. Ce qui n’était soi-disant pas réalisable à Saint-Mandé, selon le Député-Maire, le devient !

En cette période où nous allons discuter les orientations budgétaires et nous prononcer sur le budget 2010, nous voulons, entre autres, obtenir la création de berceaux supplémentaires (plus de 200 enfants attendent une place en crèche, et autant de familles vivent dans l’anxiété !), et la mise en place du quotient familial pour tous les tarifs des services et activités proposés par la ville, ce qui est une mesure de justice sociale élémentaire. Nous nous opposons également à la réactualisation systématique de ces mêmes tarifs qui, contrairement à ce qu’affirme la majorité municipale, sont souvent plus élevés que ceux pratiqués ailleurs, et pénalisent encore les Saint-Mandéens les plus modestes. Et que l’on ne vienne pas dénoncer notre prétendu laxisme en matière de finances publiques. Il s’agit simplement de faire des choix entre les priorités. Ainsi, en termes d’utilité sociale, faut-il privilégier la rénovation de la salle des fêtes plutôt que la création de places en crèche ou encore les actions du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) ? Assurément non.

Est-il normal de dépenser à perte 100 000 € pour une étude sur un projet pharaonique de rénovation de la salle des fêtes, projet qui tel qu’envisagé à l’origine a dû être abandonné, et dans le même temps de vouloir que le CCAS fasse une économie de 1 500 € sur le transport des personnes du bel âge lorsqu’elles participent à une sortie en portant le prix du trajet de 3,05 € à 5 € (+ 65 %) et ce quel que soit le montant de leurs ressources ?

Pour toutes ces raisons, nous combattons sans relâche la politique de la majorité municipale, incapable de répondre aux besoins effectifs de toute une partie de la population de Saint-Mandé et aux difficultés croissantes auxquelles elle est confrontée en cette période de crise.

Geneviève Touati et Benoît Ains, conseillers municipaux

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Contactez-nous, faites-nous part de vos idées, débattons!

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