Dimanche, à l’occasion du second tour des élections législatives, vous pourrez faire entendre votre voix dans un grand scrutin national pour la dernière fois jusqu’en 2012.
Votre bulletin « David Dornbusch, le candidat de la gauche, de l’écologie et du centre » est non seulement un moyen de choisir pour Saint-Mandé, Vincennes et Fontenay, un vrai programme alternatif à celui de la droite dure et conservatrice qu’incarne le député sortant, mais aussi une façon de dire non aux mesures les plus anti-sociales du nouveau gouvernement, comme cette TVA ironiquement dite « sociale » alors que, quoi que répètent depuis quelques jours tous les grands médias, il est au mieux utopique, et plus certainement cynique, de prétendre qu’elle ne fera pas baisser le pouvoir d’achat, l’un des premiers soucis des Français.
Voici l’analyse qu’en font les jeunes socialistes de Science-Po :
« Voulue par le candidat Sarkozy, la TVA sociale est injuste socialement, nuisible économiquement et relève d’une illusion car ses éventuels effets positifs ne seraient que temporaires.
-Injuste socialement car elle conduit à déplacer le poids du financement de la protection sociale vers la consommation des ménages, au premier rang desquels les ménages les plus modestes (le poids de la TVA est logiquement plus important pour les ménages à bas revenus). La baisse du pouvoir d’achat qui en découlerait serait en complète contradiction avec les récentes déclarations de Nicolas Sarkozy sur le pouvoir d’achat.
-Nuisible économiquement car, en réduisant le pouvoir d’achat des ménages, elle freinerait brutalement la demande intérieure, moteur essentiel de la croissance en France.
-Ses effets positifs ne seraient, au mieux, que temporaires. Dans la mesure où il y a fort à parier que cette stratégie risque d’être adoptée par de nombreux pays de l’UE, cette mesure n’aura les effets positifs escomptés sur notre compétitivité que lorsqu’il existera un décalage d’ajustement en notre faveur. Nous rentrerons dans un jeu de concurrence entre les pays de l’UE au détriment de l’équité fiscale et de la solidarité à l’intérieur de ces pays. »
Voici enfin un communiqué rédigée par des économistes socialistes à ce sujet :
La « TVA sociale » ou le moyen pour la droite d’augmenter la TVA de 4 à 5 points
Jean-Louis Borloo dès dimanche soir, François Fillon lundi, Jean Arthuis mardi ont annoncé une forte augmentation de TVA après les élections législatives pour financer les cadeaux faits aux plus favorisés. Jean Arthuis a fixé cette hausse de TVA à 5 points, sans être une seule fois démenti. Le Premier Ministre vient d’envoyer à ses ministres une lettre de mission en ce sens.
Cette augmentation est programmée pour financer les cadeaux fiscaux faits aux plus aisés des Français. Le boulier fiscal à 50 %, conduisant à la suppression de l’ISF pour la plupart des assujettis, coûtera 4 milliards d’euros en année peine. La réduction des droits de succession, profitant exclusivement aux 10 % de Français les plus riches, coûtera 5 milliards d’euros. La déduction fiscale des intérêts d’emprunt immobilier, favorisant principalement les plus gros propriétaires, coûtera 4 milliards d’euros. La détaxation des heures supplémentaires, qui ne profitera quasiment qu’aux entreprises, coûtera 4 milliards d’euros.
Ces cadeaux fiscaux, d’un montant dépassant 15 milliards d’euros, seront donc financés par une hausse de plusieurs points de TVA, qui grèvera le pouvoir d’achat de tous les Français, à commencer par les classes moyennes et populaires. C’est donc la majorité des Français qui paiera les cadeaux faits à la minorité la plus fortunée.
Cette TVA, contrairement à ce que prétend le gouvernement, n’aura rien de social. La droite essaye ainsi de faire croire que la hausse de TVA serait compensée par une hausse des salaires consécutive à une baisse des cotisations sociales patronales.
Rien n’est plus faux : les exonérations prévues par la droite ne visant que les cotisations patronales de sécurité sociale, elles bénéficieront aux employeurs, qui verront l’augmentation de leurs marges financées par une hausse de TVA pour tous. Et même si ces baisses de cotisations patronales se répercutent un peu sur les salaires, les inactifs, les chômeurs et les retraités n’en verront pas la couleur.
D’un côté plus de 15 milliards de cadeaux fiscaux pour les plus aisés, de l’autre une hausse de 4 à 5 points de TVA de l’aveu même du gouvernement, tel est le contenu de la politique économique et fiscale qu’entend conduire la droite au lendemain des élections législatives.