Le blog du PS de Saint-Mandé

16 juin 2009

Rions un peu

Filed under: Européennes 2009 — PS-Saint-mande @ 21:04

figmag1Dimanche 7 juin, 72,12 % des électeurs français ont choisi de ne pas voter pour la liste « d’ouverture » qui rassemblait l’ensemble des sensibilités de la majorité présidentielle, liste dont le score a été inférieur de près de 11 points à celui des trois composantes de la gauche gouvernementale (PS, Verts, Front de gauche). C’est donc avec un grand sens de la mesure que le toujours objectif Figaro Magazine titre cette semaine: « La raclée des anti-Sarko ». Presque aussi mémorable que les affiches de l’UMP qui proclamaient il y a peu: « Nous sommes les révolutionnaires! »

8 juin 2009

Le PS désavoué mais des résultats en trompe-l’oeil pour la droite française

Filed under: Européennes 2009,Saint-Mandé,Val-de-Marne — PS-Saint-mande @ 17:41

A l’échelle européenne, les résultats ne sont malheureusement pas bons pour les forces progressistes, qui ne seront pas en mesure d’obtenir la majorité à Strasbourg.

En France, les scores décevants du PS aux niveaux local et national constituent un échec grave, qui impose un effort de lucidité et de modestie. Pour autant, quelques observations permettent de relativiser le triomphalisme des troupes de Nicolas Sarkozy :
-la gauche gouvernementale (PS, Verts, Front de gauche) obtient plus d’élus que la « majorité présidentielle » (UMP, Nouveau centre, Gauche moderne) dans l’hexagone : 32 contre 29
-en Ile-de-France, le rapport de force est nettement favorable, aussi bien en sièges (7 contre 5) qu’en voix (40,75 % contre 29,60 %) ; tendance qui s’accentue dans le Val-de-Marne : 43,44 % contre 26,43 %
-à Saint-Mandé même, le résultat est équilibré, la gauche gouvernementale passant en cinq ans de 32,11 à 35,91 %, contre 40,50 % seulement pour la liste Barnier, la droite dans son ensemble atteignant un plancher historique avec 57,23 % ; triplant leur score de 2004, les Verts y signent une performance d’anthologie (23,05 %), qui mérite ici d’être saluée comme telle

5 juin 2009

Le programme du PSE en 390 mots

Filed under: Européennes 2009 — PS-Saint-mande @ 22:27

drapeaueuropeenCitoyens d’abord – Un nouveau sens pour l’Europe

Lors des élections européennes de 2009, le vote de chaque citoyen sera décisif. Face à des défis sans précédent, les citoyens européens devront choisir entre une Union européenne progressiste, dans laquelle les Etats membres travaillent ensemble et dans l’intérêt des Européens, et une Europe conservatrice qui abandonne l’avenir de nos pays et de leurs citoyens aux mains du marché.

Le Parti socialiste européen, lui, s’engage à créer une société plus juste et plus protectrice, en disant : « les citoyens d’abord ». Une coopération plus intense et plus efficace en Europe permettra de relever les défis et d’améliorer la vie des citoyens. Nous nous engageons à :

1. Relancer l’économie et éviter le retour des crises financières

2. Faire progresser la justice dans la nouvelle Europe sociale

3. Mettre l’Europe en tête de la lutte contre le changement climatique

4. Parvenir à l’égalité des sexes en Europe

5. Donner à l’Europe une politique d’immigration pour le progrès

6. Faire de l’Europe un partenaire fort pour la paix, la sécurité et le développement

Nous proposons 71 actions concrètes, parmi lesquelles :

‐ Une croissance écologique et innovante qui créera 10 millions d’emplois nouveaux

‐ Une nouvelle régulation des marchés financiers s’appliquant à tous les acteurs financiers

‐ La réduction des émissions de gaz à effet de serre pour les industries telles que le transport et la construction

‐ Un accord européen sur les salaires garantissant un salaire minimum décent dans tous les Etats membres

‐ L’intensification de la lutte contre le trafic de femmes et d’enfants à des fins d’exploitation sexuelle

Notre plan de réformes progressistes apportera le changement que les citoyens attendent d’urgence. Dire « les citoyens d’abord », c’est aussi créer des emplois.

Pour mener ces réformes, nous avons besoin d’une forte majorité de gauche au Parlement européen. Avec les partis socialistes, sociaux‐démocrates, travaillistes et démocrates progressistes d’Europe, nous proposons de créer cette majorité, afin de défendre vos intérêts et soutenir vos causes. Avec nos valeurs communes et une même vision politique, nous travaillerons ensemble à une Europe plus juste, plus sûre et plus respectueuse de l’environnement. Rassemblés, nous sommes une force pour le changement. Nous pouvons construire une société plus juste en disant : « les citoyens d’abord ».

En juin 2009, donnons un nouveau sens à l’Europe.

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NB: le blog reste en sommeil jusqu’au lundi 8 juin. Bon vote à tous!

Les discours trompeurs de l’UMP

Nous reproduisons ci-dessous quelques extraits de l’entretien avec Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne, et Vincent Peillon, tête de liste du PS pour la région Sud-Est, publié hier dans Le Parisien (4 juin 2009, p. 6).

A propos du souhait d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy d’évoluer vers une « économie de marché responsable »

Vincent Peillon : « Ce n’est qu’un tract de campagne. Là où l’Europe aurait besoin d’un couple franco-allemand fort pour avancer, ni Angela Merkel ni Nicolas Sarkozy ne sont en mesure de proposer une action précise. »

Jacques Delors: « Sur le plan économique, c’est bien gentil de faire des discours anticapitalistes quand on s’est rendu complice de la dérive libérale. Il n’y pas de quoi être béat d’admiration sur ce qui s’est fait ces derniers mois. (…) Nicolas Sarkozy a sonné le tocsin parce qu’il y avait le feu. Elever au niveau d’exploit son intervention dans le conflit géorgien ou à Gaza, il ne faut pas exagérer. L’Europe communautaire n’a pas non plus progressé. Dans le passé, c’est elle qui a fait toujours avancer la construction européenne. Et non pas, de temps en temps, un chef prestigieux qui pousserait tous les wagons. »

A propos de l’UMP

VP : « La droite sait qu’elle ne peut pas espérer continuer à diriger l’Europe si elle dit la vérité sur son bilan en matière de services publics, de crise financière, de lutte contre les discriminations… Elle ne veut pas assumer non plus son projet. Et pour cause, c’est toujours plus de dérégulation. ( …) Lorsqu’on renonce, contrairement au projet des fondateurs, à l’harmonisation sociale et fiscale, lorsqu’on refuse la directive service public qui fait partie du modèle social européen, alors on s’aligne sur des standards libéraux et on déstabilise les plus fragiles. (…) La droite cache aux électeurs son bilan à Strasbourg et elle ment sur ses perspectives. Jacques Delors a été par exemple le premier en Europe [en 1993] à dire qu’il fallait recourir à l’emprunt pour financer des grands travaux… La droite s’y est toujours opposée. Aujourd’hui, Michel Barnier y est favorable. Mais ce ministre a signé le manifeste de la droite européenne qui prétend que c’est impossible. L’UMP trompe les électeurs ! »

JD : « Quand les chefs de gouvernement de droite veulent rassurer l’inquiétude des citoyens, ils mettent en avant les amortisseurs sociaux. Mais qui les a créés si ce n’est les socialistes ? Et qui a freiné les progrès sociaux ? La droite. »

A propos du blocage des institutions

JD : « Pour la mise en place de l’euro et de Schengen, l’Europe n’a pas cherché l’unanimité. C’est un groupe de pays qui a décidé d’être à l’avant-garde en s’organisant autour de coopérations renforcées. Je vois deux sujets d’avancées possibles : l’harmonisation fiscale et sociale, avec un fonds d’actions structurelles au sein de l’Union économique et monétaire, et une Communauté européenne de l’énergie. Les divisions des Européens vis-à-vis des fournisseurs de gaz et de pétrole sont désolantes. Si les 27 n’arrivent pas à articuler élargissement et coopération renforcée, l’Union deviendra ingérable et va s’engourdir. »

* * *

Ci-dessous, deux extraits de la tribune d’Edwy Plenel parue dans Marianne n° 632 (30 mai 2009, p. 41) :
« La crise ne vient pas de nulle part, mais bien des politiques menées, des intérêts servis, des idéologies banalisées, bref, de choix présentés comme inéluctables, naturels ou raisonnables, qui furent en fait des choix de société non débattus, non soumis aux peuples, non confrontés aux suffrages. (…)
La désastreuse pédagogie de la récente présidence française, en 2008, tant vantée par les idéologues de l’Europe telle qu’elle est, sans autocritique ni remise en cause, a fait l’éclatante démonstration [de la position marginale dans laquelle est volontairement maintenu le Parlement de Strasbourg] : une Europe des Etats, impulsée selon le pire modèle français, avec cette mystique du chef qui propose, coordonne, impose, bien loin d’une culture parlementaire délibérative. Comment faire croire aux électeurs que l’on peut changer le cours des politiques européennes sans, par nos votes, entraver, en France même, le pouvoir qui, aujourd’hui, nous représente, les négocie ou les relaie, alors même qu’il traite avec mépris opposants et contradicteurs ? »

Les aléas du scrutin proportionnel

Filed under: Européennes 2009,Institutions - Démocratie — PS-Saint-mande @ 9:05

juin-2009

Le scrutin de dimanche va permettre de désigner les 13 représentants de la région Ile-de-France au Parlement européen. Les sièges sont attribués selon la méthode de la plus forte moyenne, un calcul mathématique qui rend cette répartition peu intuitive et assez incertaine. Il n’est pas à exclure que des listes ayant obtenu plus de 5 % n’envoient finalement aucun représentant francilien à Strasbourg, et il existe un risque réel que le Modem ou l’UMP puissent bénéficier du fractionnement des voix de gauche. Pour autant, il reste difficile de faire un pronostic en la matière. En Ile-de-France, le quotient électoral (*), qui assure d’obtenir au moins un élu, s’établit à 7,69 % des voix.

* Il résulte de la division du total par le nombre de sièges à pourvoir: 100/13 = 7,69

4 juin 2009

Relancer l’Europe sociale

Filed under: Européennes 2009 — PS-Saint-mande @ 16:23

Richard Yung, sénateur socialiste représentant les Français établis hors de France, vient de présenter un rapport d’information intitulé « L’Europe sociale, état des lieux et perspectives« . Ce dernier pointe notamment le rôle croissant joué par la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) face aux difficultés rencontrées pour légiférer à 27 en l’état actuel des procédures de décision: « on constate que, dans trois arrêts récents (Laval, Viking et Rüffert), la CJCE a eu tendance à privilégier la dimension économique du projet européen sur sa dimension sociale. » Observant avec lucidité que « le moteur franco-allemand n’a jamais véritablement fonctionné en matière sociale » et que « seule une minorité d’États membres (en particulier, les pays méditerranéens) souhaite réellement avancer » dans cette direction, le sénateur souligne l’intérêt de coopérations spécialisées entre les Etats les plus en pointe sur ce sujet. Tout en rappelant qu' »il importe de garder en mémoire que le champ d’intervention de l’Union européenne en matière sociale ne recouvre pas celui des politiques sociales nationales », R. Yung avance une conclusion volontariste:

« Il convient d’espérer que cette nouvelle crise pourra servir de déclic pour relancer l’Europe sociale. D’une part, l’Union européenne doit encourager les États membres à prendre des mesures individuelles dans ce domaine (consolidation des régimes de protection sociale, mise en place de mécanismes de retour à l’emploi, politique salariale ambitieuse). D’autre part, elle doit également être une force d’initiative et trouver des solutions pour répondre aux défis auxquels l’ensemble des États membres sont confrontés, tels le vieillissement démographique ou la mondialisation. »

Consulter la note de synthèse du rapport.

3 juin 2009

Turquie : sortir de la caricature

Filed under: Européennes 2009 — PS-Saint-mande @ 23:12

L’offensive médiatique de l’UMP autour de la perspective de l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne lui permet d’éviter le débat sur les effets néfastes du libéralisme économique en Europe. Néanmoins, l’argumentaire déployé contre cette possible intégration reste généralement des plus sommaires, et semble vouloir jouer d’une hostilité instinctive plutôt que d’une réflexion approfondie. Observons, à titre d’exemple, le discours identitaire que laisse filtrer le député UMP de notre circonscription lorsqu’il aborde cette question sur son blog.

Au-delà des tautologies et des arguments d’autorité (« l’Union européenne doit savoir reconnaître ses limites », « il n’y a quasiment plus d’européens [sic] vivant à Istanbul »), la façon dont ce texte cherche à rejeter définitivement la Turquie dans une altérité absolue, celle des « pays musulmans », est pour le moins problématique. Cette mise en avant de l’étiquette religieuse occulte entièrement les spécificités de l’histoire turque contemporaine, en particulier de l’héritage moderniste et républicain d’Atatürk, lui-même fortement inspiré par le modèle français.

Rappelons donc que l’adoption du code civil, l’interdiction de la polygamie, l’instauration du mariage civil comme seul mariage reconnu par l’État, puis l’adoption du code pénal datent de 1926 en Turquie. Le droit de vote y est accordé aux femmes dès 1930 pour les élections municipales et dès 1934 pour les élections législatives (une décennie avant la France). En 1935, le pays va jusqu’à adopter le dimanche, au lieu du vendredi, comme jour de repos hebdomadaire. Il se définit lui-même officiellement comme un État laïc en 1937. La Turquie reconnaît l’Etat d’Israël dès 1949, devient membre de l’OTAN en 1952 avant de présenter en 1959 une demande d’association à la CEE. Sur le plan démographique, son indice de fécondité, en chute libre depuis 1960, n’est plus en 2005 que de 2,35 enfants par femme (*).

Ce passé récent peut-il être écarté d’un revers de main au motif que « l’armée y (…) constitue le seul barrage à l’islamisme, qui détient aujourd’hui le pouvoir politique » ? Le cœur de l’argumentation se ramène ici, on le voit, à l’exhibition d’un mot imparable, « islamisme », qui fait immédiatement barrage à toute discussion rationnelle. On se demande bien, au passage, comment Nicolas Sarkozy a pu accepter de serrer la main à ces dangereux « islamistes » puis de négocier avec eux lors du récent sommet de l’OTAN. Remarquons en outre qu’une adhésion à l’Union pourrait précisément faire office de garantie ultime contre tout risque d’affaiblissement démocratique ou de discrimination contre les femmes.

Pour finir, le lecteur reste proprement consterné devant l’affirmation finale du député qui, en changeant brutalement d’échelle temporelle, surfe ouvertement sur le thème du conflit de civilisations : « La Turquie n’est donc pas un pays européen, sa longue histoire est celle d’une lutte continue contre l’Europe et sa culture. » Affirmation historiquement aberrante, qui oublie les siècles de brassage culturel entre le monde grec et l’Anatolie, l’inestimable héritage antique transmis et revivifié par Byzance puis Constantinople, la grande tradition de l’alliance franco-ottomane depuis François Ier, la guerre de Crimée etc., etc. !

Que l’on soit dès aujourd’hui pour ou contre l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne (**), cette question mérite une discussion sérieuse, qui aille au-delà des idées reçues pour aborder sereinement les vrais enjeux que sont les questions arménienne, kurde et chypriote, ou encore la perspective du rattrapage économique, de la mise à niveau des salaires et des droits sociaux. En cédant pour des raisons électoralistes à un conservatisme borné, l’UMP ne se place pas au niveau des défis de demain.

___

* Y. Courbage, E. Todd, Le rendez-vous des civilisations (2007), p. 164

** Le point 58 du Manifeste du PSE s’y montre favorable sous certaines conditions : « Pour nous, l’Europe doit respecter les droits fondamentaux de tous les peuples et soutenir le caractère multiculturel et multi-religieux des sociétés européennes. Nous sommes en faveur d’un processus ouvert de négociations avec la Turquie dans une perspective d’adhésion à l’Union européenne, sur la base de critères clairs ; la Turquie comme l’Union doivent tenir leurs engagements respectifs. »

2 juin 2009

Protéger le fonctionnement démocratique des institutions

Filed under: Européennes 2009,Institutions - Démocratie — PS-Saint-mande @ 14:23

ps-2009-091

Tandis que l’UMP reste muette dans son programme de campagne sur la question des lobbys, la proposition 25 du Manifeste du PSE aborde clairement le sujet au niveau européen, témoignant ainsi d’une véritable volonté politique pour ce qui est de la préservation de l’espace démocratique face aux intérêts privés:

« La démocratie, la transparence et la responsabilité doivent être les pierres angulaires de toutes les réformes des institutions européennes. Nous proposons notamment de renforcer la transparence en obligeant les lobbyistes et les agences de lobbying à s’enregistrer comme tels auprès des instances communautaires, à rendre compte précisément de leurs interventions, des groupes ou institutions pour lesquels ils agissent et de tous les contacts qu’ils ont avec les élus, les divers services et l’ensemble des représentants officiels. »

1 juin 2009

Programme de la semaine

Filed under: Européennes 2009,PS Saint-Mandé,Val-de-Marne — PS-Saint-mande @ 11:17

En présence de Jean-Paul Huchon, président du conseil régional d’Ile-de-France, Harlem Désir et ses colistiers socialistes aux élections européennes en Ile-de-France participeront tous au grand meeting du PS à Créteil le mercredi 3 juin à partir de 19h30, à l’auditorium du conservatoire de musique Marcel Dadi (2 rue Maurice Déménitroux, métro Créteil-Université).

On notera la présence de Benoît Hamon jeudi 4 juin à partir de 13h30 devant la gare RER de Val-de-Fontenay. Un échange avec des salariés de la Société Générale et de diverses entreprises locales sera organisé. Les principaux thèmes abordés seront les banques et la régulation, le travail du dimanche et bien évidemment l’Europe.

Par ailleurs, Pervenche Berès sera de retour à Vincennes samedi 6 juin à partir de 14h30 rue du Midi.

A Saint-Mandé, nous serons présents jeudi de 18h à 20h au métro Tourelle, puis samedi de 11h à 13h devant le Monoprix.

31 mai 2009

Elections européennes : un enjeu d’avenir

Filed under: Européennes 2009 — PS-Saint-mande @ 15:38

Lettre de Serge Lagauche, pour le groupe socialiste du Sénat

Dans cette campagne européenne, la droite ressort les grosses ficelles électorales. Après la stratégie d’évitement, la bonne vieille radicalisation sur des thèmes prétendus clivants ! Pendant plusieurs semaines, les Français ont ainsi pu légitimement se demander si, pour l’UMP, il y avait une élection européenne. Pas d’idées et pas d’équipes ! La gauche faisait campagne seule, dans une indifférence médiatique d’ailleurs problématique, et les sondages remplaçaient les débats de fond. Désormais, à moins de deux semaines du scrutin, on nous ressert les bons vieux marronniers de la sécurité et de l’immigration, censés regrouper les électeurs conservateurs derrière l’UMP, y compris ceux portés vers l’extrême droite, comme cela a été le cas lors de l’élection présidentielle de 2007. Comme l’énonce Brice Hortefeux,  » les fondamentaux sont les domaines régaliens : justice, sécurité, immigration. C’est là-dessus que les électeurs se déterminent. Le reste, l’économie, c’est mondialisé « .

Eh bien non ! L’enjeu est d’abord économique et social. Et la résignation ne doit pas servir de programme car de cette élection pourrait découler beaucoup de notre avenir. La zone européenne est en récession, plus forte encore que dans les autres grandes zones économiques. Mais l’Europe est la solution, la seule solution. La restauration de la confiance et le retour de la croissance ne pourront se faire qu’à travers un nouveau projet européen, construit autour d’un programme de relance conséquent, fédérateur et innovant.

Conséquent car le monde est aujourd’hui confronté à une puissante crise de demande. La dépense est bridée à la fois par le rationnement du crédit de la part de banques mal en point et par une remontée de l’épargne des ménages, causée par la fonte de leur patrimoine financier pour une minorité, par l’inquiétude sur l’avenir pour la majorité. Conséquence : les chefs d’entreprise réajustent par anticipation leurs productions et les effectifs à la baisse, ce qui accroit la récession. Ce cercle vicieux ne peut être cassé que par une intervention forte de l’Etat. Or, le plan de la Commission européenne n’est que de 1,5 % du PIB, dont 1,2 % à la charge des Etats. En comparaison, le plan américain est de plus de 4 % du PIB. Pour la France, c’est 26 milliards, en fait 15 milliards si l’on enlève les mesures de trésorerie. Il nous faudrait en France un plan de 100 milliards d’euros pour sortir de la crise et en Europe une volonté beaucoup plus forte, y compris en utilisant le budget européen.

Ce projet doit aussi être fédérateur. Car pour inverser les anticipations pessimistes, il faut un dessein susceptible de restaurer la confiance en l’avenir et de fédérer les énergies. C’est d’abord l’occasion ou jamais de coordonner les politiques budgétaires au sein de l’Union européenne. Pour être efficace, la relance doit être menée dans tous les pays à la fois ; le jeu du « passager clandestin » mène à une récession longue. Une stratégie d’investissements coordonnée et ambitieuse est ainsi réclamée par les socialistes. Ensuite, cette relance doit s’accompagner d’une réelle mobilisation en faveur de l’Europe sociale et de la défense des services publics afin de montrer aux citoyens européens que l’Europe les protège et est d’abord un modèle de société fondé sur un haut niveau de protection sociale. C’est pour cela que le PSE défend l’idée d’un pacte européen pour l’emploi et d’un pacte européen pour le progrès social.

Enfin le projet doit être innovant. La crise économique survient sur fond de crise écologique. Le plan de relance doit être l’occasion d’orienter l’économie vers un modèle de croissance plus écologique, qui sera de plus source de très nombreux emplois nouveaux. Il faut investir massivement dans les transports collectifs, dans les énergies renouvelables, dans la rénovation thermique des bâtiments, etc. En France, l’occasion a été manquée. Les projets de lois dits « Grenelle » en discussion cet été le montrent amplement.

L’enjeu de cette élection européenne est important. Une majorité de gauche au Parlement européen permettrait de lutter efficacement contre la crise et de mettre en place les conditions d’une juste répartition des richesses pour les populations. Une majorité de gauche permettrait de redonner en définitive un sens au projet européen.

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