Le blog du PS de Saint-Mandé

28 septembre 2010

Une mondialisation au bénéfice de la planète : du libre-échange au juste échange ; du libéralisme prédateur au développement solidaire

Filed under: Economie - Emploi - Fiscalité,International — PS-Saint-mande @ 18:56

Second extrait de le convention sur la nouvelle donne internationale et européenne, soumise au vote des militants le 30 septembre.

L’évolution de nos économies l’a montré : ce n’est pas en abaissant au maximum et au plus vite tous les obstacles à la libre circulation des marchandises, des services et des capitaux que l’humanité connaitra automatiquement la croissance la plus forte, la plus durable et la plus équitable. Le libre-échange intégral, la mondialisation sauvage que nous subissons depuis plusieurs décennies sous l’égide notamment des Etats-Unis, des grands institutions financières internationales et des entreprises multinationales, ont mis à mal nos systèmes économiques et sociaux, en même temps qu’ils fragilisaient les pays les moins préparés, privilégiant un modèle de croissance qui menace aujourd’hui nos écosystèmes. L’Europe a vu sa situation économique reculer par rapport à d’autres continents. Dans les faits, elle est aujourd’hui la dernière région du monde à appliquer avec autant de zèle ces dogmes libéraux dans l’attente d’une réciprocité illusoire. Elle est le continent le plus soumis au libre-échange dans un monde où les autres régions-puissances organisent les échanges en fonction de leurs intérêts. Il nous faut sortir de cette impasse. Les intérêts en jeu sont colossaux et il n’est pas question de dissimuler l’ampleur et les difficultés de la tâche. Avancer sera difficile, prendra du temps et nous devrons nous appuyer sur les ONG, les syndicats, les partis et mouvements progressistes et ceux des gouvernements les plus ouverts à la nouvelle approche indispensable.

2.1 – Promouvoir une nouvelle approche des relations économiques internationales : le « juste échange » dans l’intérêt des peuples et de la planète
Si nous ne croyons pas au libre-échange intégral, nous ne croyons pas non plus à la réponse protectionniste, qui consisterait à dresser autour de notre pays ou de notre continent de hautes et permanentes barrières douanières et des quotas fixes d’importation pour sauver nos industries, nos emplois et nos acquis sociaux. L’internationalisation de nos économies et le basculement progressif du centre de gravité de l’économie mondiale vers l’Asie et les pays émergents rendraient catastrophiques les conséquences d’un retour du protectionnisme et de la guerre économique des années 1930. Ce modèle ne pourrait qu’aggraver le chômage et la précarité. Il exaspèrerait les crispations nationalistes et les tensions internationales. Nous y sommes donc clairement opposés.
Nous sommes convaincus qu’il y a, entre le libre-échange intégral et le protectionnisme autarcique, place pour une voie efficace que nous voulons installer au coeur de notre projet à moyen terme : celle du « juste échange ». Le juste échange, c’est celui qui intègrera dans les traités commerciaux internationaux des normes non-marchandes, sanitaires, environnementales, sociales et culturelles afin de protéger le consommateur autant que le producteur. Le juste échange ménagera des phases de transition suffisantes, au Nord comme dans les pays du Sud, pour permettre les adaptations nécessaires des systèmes productifs et des emplois induites par l’ouverture à la concurrence et enrayer, dans nos pays, le processus de désindustrialisation. Le juste échange n’hésitera pas à protéger les industries naissantes ou les activités de souveraineté au nom de la préparation de l’avenir ou de la défense d’intérêts stratégiques.
Le juste échange doit pouvoir à la fois garantir le haut niveau de développement des pays de l’Union européenne tout en favorisant le développement des pays du Sud et la sauvegarde de nos équilibres écologiques. Le désir de voir progresser la justice sociale et la soutenabilité environnementale, l’adoption d’un modèle de développement davantage tourné vers le marché intérieur des pays émergents, relève autant de l’éthique que de l’intérêt bien compris des salariés des pays développés. Ce juste échange peut et doit être le moteur privilégié d’un monde dans lequel le droit à la santé, à un environnement préservé, au « travail décent » et à l’identité culturelle compteront autant que ceux du libre commerce. Parce qu’il permet une répartition plus équitable des richesses et qu’il permet à chacun d’assurer son développement, le juste échange doit être un facteur de paix entre les nations. C’est ce choix que nous privilégierons, qu’il s’agisse des normes, de l’aide au développement, de la lutte pour la sécurité alimentaire ou d’une nouvelle politique migratoire.

26 septembre 2010

Bilan de la politique extérieure de N. Sarkozy

Filed under: International,PS — PS-Saint-mande @ 18:36

Un extrait de la convention sur la nouvelle donne internationale et européenne, soumise au vote des militants le 30 septembre et donnant lieu, le 28, à une AG fédérale.

Dans ce contexte, la politique étrangère de M. Sarkozy n’a pas su apporter de réponses vraiment appropriées. Elle a vanté son propre dynamisme mais elle a privilégié en réalité une stratégie faite surtout de coups médiatiques et de postures changeantes (un jour atlantiste, un autre altermondialiste ; tantôt pourfendant les autorités chinoises et tantôt les courtisant ; régulateur à l’étranger, ultralibéral en France). Elle a parfois compromis par ses positions l’image internationale de la France.
Son soutien aux principes du tout-marché et du désengagement de l’État a fait souvent le jeu d’une mondialisation libérale, d’un système où le partage de la valeur ajoutée a continué de se déformer en faveur du capital, cependant que la condition salariale se dégradait. Le tournant de l’automne 2008, alors que la crise financière mettait à nu ces dérives, n’est venu opposer qu’une réponse tardive et partielle. Parallèlement, la politique française d’aide publique au développement, dont le montant rapporté au PIB décline malgré les engagements présidentiels, s’est détournée progressivement de la lutte contre la pauvreté pour épouser des objectifs principalement économiques ou migratoires.
En dépit d’initiatives médiatiques fréquentes, le chef de l’État n’a pas su faire de la France l’élément durablement moteur d’une Union européenne relancée, capable de peser d’une façon décisive dans la régulation de la mondialisation. Au coeur de la crise, la présidence française de l’Union a déployé de l’énergie, mais elle aura été plus spectaculaire dans ses annonces qu’exemplaire dans ses résultats. Elle n’aura su ni redynamiser en profondeur le projet européen, ni affirmer un véritable leadership collectif, renvoyant plutôt l’image d’une Europe divisée par ses égoïsmes nationaux. Le rendez vous euro-méditerranéen a été manqué, et l’Union pour la Méditerranée est à ce stade dans l’impasse. Sur de grandes questions comme le climat, la gouvernance économique ou les leviers de la croissance, l’Union européenne a montré sa fragilité et son manque d’unité. La dégradation de la relation pourtant essentielle entre Paris et Berlin est apparue à la fois comme une cause et un symptôme d’une crise européenne. La panne de ce moteur – avec des responsabilités partagées – est l’un des principaux échecs de la politique étrangère française depuis trois ans.
En matière de sécurité collective, la ligne atlantiste suivie par l’Elysée a affaibli la portée d’une voix française sur les grands conflits d’un monde devenu multipolaire. En enkystant notre pays dans la guerre en Afghanistan sans garanties suffisantes sur nos objectifs politiques dans ce pays, le chef de l’État a épousé de fait la ligne des néoconservateurs de Washington. Il l’a fait, paradoxalement, alors même que les Etats-Unis portaient à la Maison Blanche, avec le Président Obama, une équipe démocrate attachée à revisiter la politique étrangère américaine. Symbole de ce choix, le retour de la France dans la structure militaire intégrée de l’OTAN ne s’est pas traduit, contrairement à ce qui avait été promis, par un véritable surcroît d’influence dans l’appareil militaire de l’Alliance ni par une avancée sur le terrain de la défense européenne, alors que nous devrons en revanche assumer les charges financières nouvelles liées à notre réintégration dans la machinerie administrativo-militaire de l’OTAN et en subir les contraintes. Elle ne s’est accompagnée d’aucune réflexion aboutie sur le rôle et le devenir de l’Alliance, alors que l’affrontement Est- Ouest qui en était la raison d’être initiale appartient désormais à l’histoire.
Parallèlement, nos outils d’intervention et d’influence à l’étranger se sont dégradés. Illustration la plus marquante : l’affaiblissement de notre outil diplomatique et consulaire, constaté et regretté par des dirigeants politiques de tous bords. Au moment où les effectifs du Département d’État américain continuent de croître, où ceux du Foreign Office britannique ont dépassé les effectifs de notre réseau diplomatique, où le Brésil a ouvert une trentaine de nouvelles ambassades, le ministère français des Affaires étrangères a perdu, depuis 2003, plus d’un cinquième de ses moyens d’intervention et de fonctionnement, proportion qui risque de s’aggraver d’ici à 2012. La mise en oeuvre précipitée, à partir de juillet 2008, d’un plan mal conçu de redéploiement et de réduction de nos moyens de défense est venue fragiliser nos forces opérationnelles, cependant que notre engagement croissant sur des théâtres extérieurs accentuait la tension sur notre dispositif. Affaiblissement des moyens des ambassades, fragilisation de nos ressources militaires, marginalisation de notre diplomatie professionnelle au bénéfice de réseaux politiques parallèles, fermeture de nombreux centres culturels, baisse des crédits à la francophonie, recul sans précédent des budgets d’aide publique au développement consacrés aux dons dans les pays les plus pauvres : sur tous ces plans, force est de constater que la France a malheureusement régressé.
Ces résultats, M. Sarkozy tente de les masquer ou de les gonfler : sur de nombreux sujets – Afghanistan, relations avec la Chine… – il change de posture au gré des moments et des interlocuteurs. Il est allé parfois jusqu’à compromettre notre image internationale, par exemple par ses positions récentes inacceptables reliant l’insécurité et la présence d’étrangers en France. Annoncer en fanfare, fixer des objectifs irréalistes et souvent contradictoires, négliger les divergences de vue et d’intérêts, surévaluer les capacités d’un « homme providentiel présidentiel », résultat : peu cohérente et difficile à comprendre par nos partenaires, cette politique étrangère s’est révélée au total peu efficace et elle est jugée peu fiable.

24 septembre 2010

Economistes atterrés

Filed under: Economie - Emploi - Fiscalité — PS-Saint-mande @ 17:58

Un extrait de l’intéressant « Manifeste des économistes atterrés » (1er septembre 2010):

Fausse évidence n° 6: la dette publique reporte le prix de nos excès sur nos petits-enfants
Il est une autre affirmation fallacieuse qui confond économie ménagère et macroéconomie, celle selon laquelle la dette publique serait [purement et simplement] un transfert de richesse au détriment des générations futures. La dette publique est bien un mécanisme de transfert de richesses, mais c’est surtout des contribuables ordinaires vers les rentiers.
En effet, se fondant sur la croyance rarement vérifiée selon laquelle baisser les impôts stimulerait la croissance et accroîtrait in fine les recettes publiques, les États européens ont depuis 1980 imité les USA dans une politique de moins-disant fiscal systématique. Les réductions d’impôt et de cotisations se sont multipliées (sur les bénéfices des sociétés, sur le revenu des particuliers les plus aisés, sur les patrimoines, sur les cotisations patronales…), mais leur impact sur la croissance économique est resté très incertain. Ces politiques fiscales anti-redistributives ont donc aggravé à la fois, et de façon cumulative, les inégalités sociales et les déficits publics.
Ces politiques fiscales ont obligé les administrations publiques à s’endetter auprès des ménages aisés et des marchés financiers pour financer les déficits ainsi créés. C’est ce qu’on pourrait appeler « l’effet jackpot » : avec l’argent économisé sur leurs impôts, les riches ont pu acquérir les titres (porteurs d’intérêts) de la dette publique émise pour financer les déficits publics provoqués par les réductions d’impôts… Le service de la dette publique en France représente ainsi 40 milliards d’euros par an, presqu’autant que les recettes de l’impôt sur le revenu. Tour de force d’autant plus brillant qu’on a ensuite réussi à faire croire au public que la dette publique était la faute des fonctionnaires, des retraités et des malades.
L’accroissement de la dette publique en Europe ou aux USA n’est donc pas le résultat de politiques keynésiennes expansionnistes ou de politiques sociales dispendieuses mais bien plutôt d’une politique en faveur des couches privilégiées : les « dépenses fiscales » (baisses d’impôts et de cotisations) augmentent le revenu disponible de ceux qui en ont le moins besoin, qui du coup peuvent accroître encore davantage leurs placements notamment en bons du Trésor, lesquels sont rémunérés en intérêts par l’impôt prélevé sur tous les contribuables. Au total se met en place un mécanisme de redistribution à rebours, des classes populaires vers les classes aisées, via la dette publique dont la contrepartie est toujours de la rente privée.
Pour redresser de façon équitable les finances publiques en Europe et en France nous mettons en débat deux mesures :
Mesure n°12 : redonner un caractère fortement redistributif à la fiscalité directe sur les revenus (suppression des niches, création de nouvelles tranches et augmentation des taux de l’impôt sur le revenu…).
Mesure n°13 : supprimer les exonérations consenties aux entreprises sans effets suffisants sur l’emploi.

23 septembre 2010

Le pouvoir contre l’intérêt général

Filed under: Institutions - Démocratie — PS-Saint-mande @ 19:17

Extraits de l’entretien avec Pierre Rosanvallon publié dans Le Monde daté du 21 septembre (p. 19):
« Le ressort de la vision sarkozienne est que la démocratie signifie : « Puisque je suis élu, je suis la volonté générale », ce qui est, me semble-t-il, difficilement acceptable. Un des principaux problèmes de l’exercice actuel du pouvoir est de projeter une définition dangereuse de la démocratie, qui me semble se rapprocher sur certains points des théories de la  » démocratie souveraine  » de Poutine ou renvoyer à la philosophie politique du Second Empire, invoquant l’appui des masses au plébiscite pour s’estimer seul détenteur de l’intérêt général. Car, en démocratie, personne ne peut se prétendre seul propriétaire de l’intérêt public et incarner la volonté générale. »
« L’élection donne une légitimité à gouverner sur la durée du mandat – et c’est une bonne chose pour ne pas être otage de la démocratie d’opinion. Mais la légitimité se joue aussi sur le terrain du contenu des décisions. C’est cela que le pouvoir présidentiel actuel n’accepte pas ; il confond en permanence légitimité de nomination et légitimité de décision. C’est une grande faute : la légitimité n’est pas simplement de l’ordre d’un statut acquis une fois pour toutes, elle est une qualité qui doit s’éprouver, se construire en permanence. »
« Dans la vision sarkozienne, les syndicats sont des institutions particulières de la société civile, alors que le pouvoir d’Etat se prétend le seul représentant de la généralité sociale. Eh bien, ce n’est pas vrai. La démocratie sociale veut dire que, pour des raisons de proximité et d’histoire, il y a une forme de représentation du monde social organisé (les syndicats), mais aussi du monde social diffus (les manifestations) qui vaut représentation démocratique légitime. Or on fait comme si la légitimité électorale absorbait toutes les autres formes de légitimité et de représentation. (…) cela renforce cette espèce d’évidement de la vie sociale entre le superpouvoir du sommet et une société atomisée qu’on ne veut pas voir exister à travers ces organisations intermédiaires que sont les syndicats ou les associations. »
« La démocratie, ce n’est pas simplement aspirer le pouvoir vers le sommet en espérant qu’il sera celui d’un « jacobin bienveillant ». Cela consiste au contraire à donner du pouvoir aux gens, à faire descendre le pouvoir, à le faire circuler dans la société. Le monde moderne est d’ailleurs dans une contradiction : on y attend de plus en plus des individus qu’ils se prennent en charge eux-mêmes et qu’ils soient responsables dans tous les domaines, alors qu’en politique on assiste à une sorte de captation du pouvoir et à une déresponsabilisation des individus (« Faites-moi confiance, je m’occupe de tout »). »

20 septembre 2010

Le 23 septembre, manifestons pour nos retraites !

Filed under: Economie - Emploi - Fiscalité — PS-Saint-mande @ 12:21

La journée de mobilisation du 7 septembre 2010 a été historique par son ampleur. Plus de deux millions et demi de Français n’ont pas hésité à sacrifier le salaire d’une journée pour faire grève et aller manifester.
Cette mobilisation est à la mesure du mécontentement et de l’inquiétude face à la politique menée par Nicolas Sarkozy. Alors que l’économie française est enlisée dans la crise, que le chômage reste à 10% et que la précarité et les inégalités progressent, les choix du président aggravent la situation : absence de réelle politique économique pour sortir la France de la crise, refus de soutenir le pouvoir d’achat pour relancer la consommation, politique fiscale injuste et réduction des moyens de tous les services publics, à commencer par l’éducation, la santé et la sécurité. S’il y a une facture de la crise, il y a surtout une ardoise Sarkozy, qui va plomber l’avenir de notre pays pendant de longues années.
Dans ce contexte, les mesures sur les retraites sont une véritable provocation. Si elles étaient appliquées, elles aboutiraient, via le relèvement de l’âge légal à 62 ans et de l’age du taux plein à 67 ans, à faire peser l’essentiel de l’effort sur les salariés qui ont eu les carrières les plus longues, les plus pénibles ou les plus fragmentées. Dans le même temps, malgré les annonces faites à la suite de la journée de manifestation, il n’y a toujours pas de vraie mise à contribution des revenus du capital.
Et malgré cela, parce que le gouvernement refuse d’élargir réellement le financement à tous les revenus, le déficit est loin d’être comblé. Le trou restera de 25 milliards en 2011 et de 40 milliards en 2050. Notre système de retraite n’est donc pas sauvé. Le gouvernement se contente de masquer les déficits jusqu’en 2012, en vidant le fonds de réserve des retraites (FRR), ce qui est le comble de l’irresponsabilité.
Les Français sont parfaitement prêts à faire des efforts. Beaucoup d’entre eux sont disposés à travailler plus longtemps, compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie. Mais à condition que les efforts soient justes, qu’ils soient partagés équitablement et qu’ils soient utiles. Contrairement aux mensonges de la droite, l’alternative n’est pas entre cette réforme et le chaos, mais entre une réforme profondément injuste et qui ne règle rien, et une autre réforme, possible, juste et durable. Le Parti socialiste a fait des propositions équilibrées qui articulent la protection des salariés les plus modestes et les plus exposés (grâce au maintien de l’âge légal à 60 ans), la mise à contribution des revenus du capital et la prise en compte de l’allongement de la durée de vie (par un relèvement modéré de la durée de cotisation). Non seulement ces propositions sont justes, mais elles permettent de combler le déficit du premier au dernier euro. Le PS propose un système de retraite choisie, universelle et personnalisée, qui prenne en compte les situations et les choix individuels et où chacun puisse véritablement choisir l’organisation de sa vie. Il s’agirait d’une vraie réforme : c’est-à-dire d’une réforme qui apporte un progrès.
Par conséquent, le Parti socialiste se mobilise pleinement aux côtés des organisations syndicales, qui ont décidé de continuer le combat par tous les moyens républicains, pour une nouvelle journée d’action nationale pour la défense du système des retraites le jeudi 23 septembre 2010. A Paris, la manifestation partira de la place de la Bastille pour se rendre à Denfert-Rochereau. Le rendez-vous des socialistes est fixé au métro Sully-Morland (ligne 7) à partir de 12h30.

18 septembre 2010

Quelques évidences contestables sur les retraites

Filed under: Economie - Emploi - Fiscalité — PS-Saint-mande @ 17:56

« Sur le fond, pourtant, repousser l’âge légal de départ à la retraite est une nécessité largement admise sauf à entretenir un mensonge général sur la capacité de l’Etat à financer le système, il faut bien regarder les réalités en face ». C’est en ces termes qu’Eric Fottorino énonce l’équation intangible de l’avenir de nos retraites, dans Le Monde du 9 septembre.
Examinons donc cette affirmation. « Sur le fond, pourtant, repousser l’âge légal de départ à la retraite est une nécessité largement admise ». Largement, mais par qui ? Pas suffisamment en tout cas pour convaincre davantage qu’une minorité des Français, que l’on trouve principalement parmi les retraités et l’électorat fidèle au président, comme l’illustrent toutes les études réalisées pour sonder l’opinion des Français sur le recul de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans et 67 ans. Pas assez largement pour convaincre un seul syndicat au cœur de la très large diversité syndicale française à l’exception de celui des patrons. Pas non plus, enfin, pour inverser la courbe de mobilisation des Français qui battent le pavé de plus en plus nombreux pour refuser le report de l’âge légal de départ à la retraite.
« Sauf à entretenir un mensonge général sur la capacité de l’Etat à financer le système. » Ainsi la « vérité » commanderait de dire qu’il faut relever l’âge de la retraite. Prétendre le contraire, serait donc mentir. Parmi les arguments-massue servis pour plaider cette option, on entend inlassablement répéter que l’espérance de vie augmente, que le nombre d’actifs diminue, que le nombre d’inactifs augmente et que tous les autres pays européens ont déjà agi en ce sens. Les exemples allemand et espagnol sont régulièrement convoqués pour montrer aux salariés français la voie à suivre. Tous ces arguments se discutent et se réfutent si l’on regarde de plus près la situation hors de nos frontières. En Allemagne et en Espagne, on travaillerait plus longtemps donc qu’en France, jusqu’à 65 ans et bientôt 67 ans !
Dans la plupart des pays européens, l’âge de référence n’est pas l’âge légal de départ en retraite mais l’âge de départ sans décote – l’équivalent chez nous de l’âge légal de départ à taux plein. Ce qui place d’ores et déjà la France, l’Allemagne et l’Espagne à égalité : 65 ans dans chacun des pays. Si l’on se penche non plus sur les âges légaux, mais sur l’âge effectif, celui auquel les salariés quittent réellement le marché du travail, la proximité des situations en Europe est frappante : 61,5 ans en France, la même chose en Espagne, 62 ans en Allemagne.
La situation des Français vis-à-vis de l’âge légal de départ est donc, avant même la « réforme » gouvernementale, équivalente à celle de l’Allemagne et de l’Espagne. Mais elle se détériore quand on compare le calendrier de passage à 67 ans. C’est en 2029 que les Allemands verront l’âge de départ à la retraite sans décote reculer de deux ans. C’est en 2027 que les Espagnols passeront ce cap. Les Français n’auront pas cette chance : c’est dès 2016 que la réforme française entrerait en vigueur.
Mais s’il est un point où la comparaison tourne franchement au désavantage des Français, c’est celui du nombre d’annuités requises pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Il faut travailler 35 annuités en Allemagne et en Espagne contre 41 en France !
Enfin, ultime paradoxe, l’indicateur de fécondité est de 2 en France en 2008 contre 1,4 en Espagne et en Allemagne. En 2008, en France, 829 300 enfants sont nés pour une population de 63 millions d’habitants, contre 682 500 pour une population de 82 millions d’habitants en Allemagne et 519 100 enfants en Espagne, pour une population de 44,5 millions d’habitants. Notre démographie est la plus dynamique d’Europe, significativement devant celle de l’Allemagne ou de l’Espagne. Et pourtant, non seulement les salariés français devront cotiser 6 annuités et demi de plus que les allemands et les espagnols pour pouvoir partir avec une retraite à taux plein, mais le passage de 65 à 67 ans débutera plus de dix ans avant nos deux voisins.
S’il existe un mensonge tenace, c’est bien celui qui fait du salarié français un privilégié en matière de retraite en Europe. C’est sur cette duperie, qui parie sur la résignation des Français aux « sacrifices nécessaires », que le gouvernement a adossé sa réforme des retraites.
Poursuivons l’examen de ce point de vue. Le « mensonge » des adversaires de la remise en cause de la retraite à 60 ans porterait encore sur « la capacité de l’Etat à financer le système ». Qui propose donc cela ? Pas les socialistes, qui ne proposent pas de transférer les déficits des comptes sociaux vers le budget de l’Etat. Je ne me souviens pas non plus avoir entendu quiconque proposer d’augmenter la CSG et en son sein la part affectée au financement des retraites en lieu et place du report de l’âge légal.
Voilà quatre mois que les socialistes ont fait connaître leurs propositions. Nous voulons substituer aux 20 milliards d’euros de gains attendus du report de l’âge légal de départ à la retraite, 25 milliards d’euros de prélèvements sur le capital. Si quelques critiques grossières venant du MEDEF ou du groupe UMP ont pu être formulées sur cette proposition, personne n’a cependant osé prétendre qu’elle était irréaliste, injuste ou que ses conséquences seraient néfastes pour notre économie. En outre, le montant des dividendes distribués aux actionnaires est passé en France de 3,2 % du PIB en 1982 à 8,5 % du PIB en 2007. Ce qui représente une charge de 100 milliards d’euros prélevés sur les entreprises ; il y a donc matière à optimiser l’usage et la redistribution de ces profits.
Enfin « il faut bien regarder les réalités en face », dit Monsieur Fottorino. Y êtes-vous prêts autant que nous le sommes ? Il est frappant d’observer qu’aujourd’hui en France, on conçoive si facilement d’interrompre la marche du progrès. Car c’est bien cela qui est en jeu : le progrès social. S’il s’inscrit dans le prolongement du progrès des techniques et du progrès économique, il est toujours le résultat d’un choix politique que la démocratie, le suffrage universel et le mouvement social ont permis et légitimé depuis un siècle. Le gouvernement de MM. Sarkozy et Fillon signe avec cette réforme sa vision de l’avenir du contrat social. Il est plus surprenant que vous présentiez le cœur de cet arbitrage politique comme découlant d’un fait indiscutable et objectif.
Si aujourd’hui les marchés et les institutions financières font office à la fois de savants et de prophètes, les faits qu’ils énoncent telles des vérités ne sont que des interprétations, produit de leurs intérêts mais aussi de leur instinct premier : l’appât du gain. « Il ne faut pas s’en laisser conter. Les grands esprits sont des sceptiques » disait Nietzsche. Heureusement, une majorité de Français « reste sceptique ».

Tribune de Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste, parue dans Le Monde daté du 18 septembre, p. 21

17 septembre 2010

Fête de la fraternité à Arcueil

Filed under: Val-de-Marne — PS-Saint-mande @ 10:57

En l’absence de Martial durant ce mois de septembre pendant lequel le blog DA de Saint-Mandé reste en veille temporaire, nous relayons l’invitation de Désir d’avenir, qui organise sa troisième fête de la fraternité à Arcueil ce samedi 18 septembre, et y convie l’ensemble des militants socialistes val-de-marnais. Outre Ségolène Royal, Claude Bartolone, Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Olivier Ferrand, Christian Favier, président du conseil général (PC), Daniel Breuiller, maire d’Arcueil (Europe écologie) ainsi que de nombreux représentants des partis de gauche, d’associations et de syndicats seront présents. Plus d’informations sur le site de l’association.

16 septembre 2010

Absentéisme scolaire : les parents en difficulté privés d’allocations

Filed under: Education — PS-Saint-mande @ 20:00

Le Parlement a adopté définitivement hier soir la proposition de loi UMP prévoyant la suspension des allocations familiales pour absentéisme scolaire. Quatre demi-journées par mois suffisent pour que le chef d’établissement saisisse l’Inspecteur d’Académie. Le député Eric Ciotti s’est ici fait le porte voix des outrances du président Nicolas Sarkozy, qui n’a pas hésité à comparer l’absentéisme à un « cancer ».
S’il est indispensable de permettre à chaque enfant de mener sa scolarité dans de bonnes conditions et de s’émanciper grâce à l’éducation, priver des familles déjà très en difficulté d’une partie de leurs ressources, en plus d’être inefficace, démontre les visées démagogiques et répressives d’un gouvernement qui rejette la faute sur les parents et procède à un amalgame inadmissible entre difficultés scolaires et insécurité. Ce faux bon sens est insupportable. Les causes du décrochage scolaire sont multiples, complexes, et parmi elles l’échec et l’« orientation » subie et trop souvent déterminée par les origines sociales apparaissent comme des facteurs prédominants. La loi Ciotti n’y apporte aucune réponse.
Le Parti socialiste demande l’abrogation de ce texte et son remplacement par des mesures de soutien aux familles en difficulté, notamment monoparentales, pour que les parents marginalisés par leurs conditions de vie et de travail puissent trouver leur place à l’école et participer pleinement à la scolarité de leur enfant. Il appelle à la refonte de la politique d’éducation pour que les difficultés scolaires soient combattues dès la maternelle et que la confiance soit restaurée entre l’école, les enfants et les familles.

Communiqué de Jean-Patrick Gille, secrétaire national à la famille, et de Bruno Julliard, secrétaire national à l’éducation, le 16 septembre

13 septembre 2010

Non à la circulaire de la honte !

Le gouvernement vient de franchir un nouveau pas dans sa politique odieuse contre les Roms. La circulaire du 5 septembre est une circulaire anti-Roms, c’est une circulaire de la honte qui doit être retirée immédiatement. Brice Hortefeux, premier ministre condamné pour injures racistes, entraîne l’administration dans une dérive xénophobe aussi indigne qu’illégale, et qui enfreint de nombreuses règles nationales, européennes et internationales.
Cette circulaire va dégrader encore un peu plus l’image de la France : après le Parlement européen jeudi dernier, c’est à nouveau l’ONU, par la voix de son haut commissaire aux Droits de l’Homme, qui vient de rappeler aujourd’hui le gouvernement français à l’ordre. Cette politique, qui porte atteinte aux valeurs et aux lois de la République et à l’image de la France dans le monde, doit cesser immédiatement.
Nous soutenons la démarche des associations qui ont annoncé des recours en annulation de cette circulaire devant le Conseil d’Etat. La HALDE doit se saisir immédiatement de cette circulaire manifestement discriminatoire et de la politique de discrimination systématique que le gouvernement demande à l’administration de mettre en œuvre contre les Roms.

Communiqué du PS, le 13 septembre

12 septembre 2010

Pendant que N. Sarkozy parle d’éducation, l’école souffre

Filed under: Education — PS-Saint-mande @ 16:47

Nicolas Sarkozy peut s’exprimer tant qu’il le souhaite sur l’éducation, comme il l’a fait ce matin à Marly, mais ses propos ne feront jamais oublier les résultats désastreux de sa politique.
Faut-il rappeler à N. Sarkozy la rentrée catastrophique préparée par son gouvernement? Loin des belles paroles, la réalité ce sont 10 000 professeurs qui manquent en raison des suppressions de postes depuis 2007, les élèves de seconde qui n’ont toujours pas de manuels à cause de la précipitation de la réforme du lycée, les professeurs sans aucune expérience à plein temps devant les élèves, conséquence de la réforme insensée de la formation des enseignants… Et il s’est bien gardé d’évoquer le dernier rapport de l’OCDE qui montre que la part de l’éducation dans le PIB est passée en 10 ans de 7,7% à 6%.
En guise de projet pour l’école, le président de la République s’est borné à se féliciter de la création des internats d’excellence d’une part et des établissements dits de « réinsertion scolaire » (ERS), d’autre part. Mais de réinsertion, il n’a pas été question dans le discours du chef de l’Etat : les ERS seront, selon ses propres termes « exclusivement disciplinaires » – et par discipline, ici, il faut entendre coercition.
Le discours de Marly n’efface en rien le discours répressif de Grenoble. Proposer d’extraire quelques jeunes de leurs quartiers tout en abandonnant les autres à leur sort ne constitue pas un projet éducatif. Ce qu’attendent les Français, c’est une école qui offre les mêmes chances de réussite à tous, dans les quartiers, dans les campagnes, dans les centres villes. N’en déplaise à Nicolas Sarkozy, les 6 000 élèves des internats d’excellence ne sont pas les seuls à mériter que la République s’intéresse à leur sort*.
L’école est le principal outil de la promesse républicaine d’égalité. C’est pourquoi l’éducation est au cœur du projet des socialistes. En abandonnant toute ambition pour l’école de la République, N. Sarkozy fait en réalité le choix d’une société fondée sur l’accroissement des inégalités et le maintien des privilèges de la naissance.
Avec comme objectif de faire réussir tous les élèves, le Parti socialiste entend proposer un nouveau pacte éducatif à la nation, qui met au cœur de ses priorités l’école primaire et la petite enfance, aujourd’hui sous-dotées, l’éducation prioritaire, et la formation des enseignants à l’ensemble de leurs missions. Il est temps de rompre avec la politique de casse de l’éducation nationale menée par le gouvernement, et de rendre la confiance des Français dans leur école.

Communiqué de Bruno Julliard, secrétaire national à l’éducation, le 9 septembre

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* La sociologue Agnès Van Zanten conclut dans le même sens sa tribune publiée dans Le Monde daté du 14 septembre (p. 19):
« Mais le principal danger serait de laisser croire qu’une diversification des élites, même plus ambitieuse que celle en cours, pourrait tenir lieu de politique de lutte contre les inégalités. Or, parce que les politiques d’ouverture sociale paraissent prendre le relais des actions en direction des territoires défavorisés, notamment de l’éducation prioritaire aux résultats controversés, parce qu’elles bénéficient d’importantes ressources, d’une grande médiatisation et d’un large consensus dans l’opinion et, surtout, parce qu’elles viennent combler des vides criants dans l’action étatique, cette idée fait son chemin.
Déjà, les orientations privilégiées par ces actions (définition large du désavantage permettant l’inclusion des classes moyennes, sélection et extraction des élèves des territoires défavorisés plutôt qu’action sur ces territoires, focalisation sur les bons élèves et sur la motivation comme ressource pour surmonter les difficultés) se diffusent dans d’autres politiques ayant pour visée la mixité sociale et l’amélioration des résultats des élèves des milieux populaires. Ainsi, tandis que l’assouplissement de la carte scolaire est censé favoriser la mobilité scolaire des boursiers, notamment des boursiers « méritants », les internats de réussite éducative cèdent la vedette aux « internats d’excellence » destinés à ce même type d’élèves.
Sur un plan plus qualitatif, on n’a par ailleurs aucun mal à imaginer que les enseignants trouvent plus gratifiant de détecter des talents et d’encourager de bons élèves que de s’efforcer d’améliorer les résultats des élèves en difficulté. Ni que les parents des classes moyennes préfèrent profiter de nouvelles voies de préparation et d’accès aux filières d’élite dans certains lycées plutôt que de se battre pour améliorer le fonctionnement de l’établissement de leur quartier. Et ce depuis que l’ensemble des responsables politiques et administratifs sont tentés de privilégier des actions qui produisent des résultats visibles à court terme plutôt que des projets de longue durée aux effets incertains.
Le risque est grand de délaisser et de décrédibiliser ainsi toutes les actions globales nécessaires pour améliorer l’efficacité et l’équité du système d’enseignement, qu’il s’agisse de la formation des enseignants, de la lutte contre la ségrégation entre établissements ou de diverses formes de remédiation et d’aide au travail des élèves. Faire émerger de nouvelles élites et lutter contre les inégalités sont deux options différentes dont le succès ne repose pas sur les mêmes bases. Le parrainage des meilleurs a un rôle à jouer dans une politique éducative ambitieuse. Il ne saurait en tenir lieu. »

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