Le blog du PS de Saint-Mandé

31 août 2009

Le discours de clôture de La Rochelle

Filed under: PS — PS-Saint-mande @ 20:08

Cet extrait de l’intervention de la première secrétaire, Martine Aubry, reprend les propositions qu’elle a formulées, au nom du Parti socialiste, pour faire face à la crise.

« Nous avons voulu que cette université d’été soit utile à la France et aux Français. Je crois que nous avons réussi. Les Français doivent savoir qu’ils ont été au cœur des débats qui se sont déroulés, ici, à La Rochelle, pendant ces trois jours : pour apporter nos réponses à la crise, mais aussi pour préparer un projet de société et le rassemblement de la gauche.
Ce travail nous l’avons mené avec les syndicalistes, les associations et les ONG, les mouvements d’éducation populaire, avec des élus, des militants mais aussi avec les autres formations de la gauche. J’ai aimé cette université car elle a été à l’image de ce que notre parti doit être : ouvert sur la société, ouvert sur la gauche, ouvert sur le monde.
La France est en pleine crise économique et sociale. Une crise économique sans précédent depuis 1929, une explosion de la précarité et du chômage, un investissement qui baisse et une consommation en recul si l’on excepte l’achat d’automobiles. Au-delà de notre contre-plan de relance, nous proposons des mesures d’urgence pour la consommation :
– Un remboursement de 200 euros de TVA pour les 16 millions de ménages modestes, non imposables. Le coût est de 3,2 milliards d’euros, qui se retrouveront ici immédiatement dans la croissance et l’emploi. C’est le même montant que la baisse de la TVA dans la restauration, dont on demande l’annulation, même dans les rangs de l’UMP. Faute d’avoir imposé des contreparties, les prix dans les cafés et restaurants n’ont baissé que de 1 % !
– La rentrée s’annonce épouvantable pour les jeunes et leurs familles : nous demandons le maintien des allocations familiales pour les enfants majeurs de plus de 20 ans.
– Alors que la loi protège aujourd’hui les actionnaires et les créanciers face à des patrons peu scrupuleux ou mauvais gestionnaires, rien n’est prévu pour empêcher ce pillage d’entreprises françaises au détriment des salariés. Le Parti socialiste propose une procédure de mise sous tutelle de l’entreprise par le tribunal de grande instance sur saisine des salariés en amont des licenciements ; un administrateur judiciaire serait nommé pour gérer l’entreprise le temps nécessaire pour faire cesser des pratiques contraires aux intérêts de l’entreprise et de ses salariés.
– Nous proposons, pour faire face au 650 000 jeunes qui arrivent sur le marché du travail, la création de 150 000 emplois-jeunes dans l’économie verte et des services aux personnes.
Soutien au pouvoir d’achat, pouvoir accru pour les salariés, avenir de la jeunesse : les propositions des socialistes existent, solides, crédibles et j’ajoute disponibles : puisque Monsieur Sarkozy veut un emprunt utile pour la France, qu’il commence donc par emprunter les idées de la gauche !
Face à la crise, il est urgent d’agir. En communication, le président de la République est hors catégorie. Côté action, il est franchement hors course ! Il a reçu mardi dernier, pour la septième fois, les banquiers à l’Elysée. Ils connaissaient déjà la chanson :des mots, toujours des mots, « transparence », « moralité », « sanction ». Mais de décision, aucune, sauf de repousser de quelques mois le versement de 50 % des bonus des traders de la BNP. Rassurez-vous, ils toucheront quand même 59 000 euros, tout de suite, en moyenne. Les contribuables n’acceptent plus que des milliards aient été donnés aux banques sans autre résultat que de venir remplir les poches de ceux qui sont responsables de la crise.
Je demande à nouveau au président de la République de faire voter une loi s’inspirant de la proposition de loi des députés socialistes, plafonnant les écarts de rémunération, limitant fortement les bonus (je propose une règle simple, qu’ils ne dépassent pas la part fixe du salaire), interdisant les parachutes dorés et les stock-options sauf pour les entreprises naissantes.
En second lieu, nous demandons avec insistance que l’État rentre dans les conseils d’administration des banques refinancées par la puissance publique afin de contrôler l’utilisation des 21 milliards d’euros d’argent public qui leur ont été versés. Car chacun sait aujourd’hui que si les banques ont repris leurs opérations financières et en récompensent leurs traders, les PME sont toujours en attente de crédits pour se développer ou survivre, de même que les Français pour acquérir un logement.
Nous aurions aimé que la France soit en tête du combat pour la régulation financière. Mais Nicolas Sarkozy n’y est pas prêt. J’ai demandé à Poul Nyrup Rasmussen, le président du PSE, de lancer une grande campagne des socialistes européens pour imposer une régulation financière au cœur de laquelle se trouvent la limitation et la réglementation des rémunérations variables et l’encadrement des hautes rémunérations. Il a déjà pris contact avec les démocrates américains, qui eux aussi veulent se joindre à ce mouvement. Voilà quelques mesures d’urgence pour les mois à venir. Elles sont nécessaires dans la situation économique de notre pays, elles sont nécessaires pour faire face à l’urgence sociale, mais il faut aller beaucoup plus loin.
Le Parti socialiste, premier parti d’opposition, doit être utile à 100 % aux Français, en combattant les régressions sociales, en proposant comme nous le faisons encore ce matin, en préparant un grand projet de la gauche en 2012. Refonder les idées, refonder notre parti et construire la maison commune de la gauche, voilà l’ambition fixée à La Rochelle. Le travail est immense, mais vous êtes là, fiers de ce que nous sommes et enthousiastes à ramener l’espérance. Alors tout est possible. La France qu’on aime le mérite ! Alors bon travail mes camarades ! »

29 août 2009

Les principaux extraits du discours de M. Aubry à la Rochelle

Filed under: PS,Régionales 2010 — PS-Saint-mande @ 11:03

« Nous tous ici nous partageons la même volonté : faire de nos rencontres de la Rochelle trois jours utiles pour les Français.
Utiles pour affronter la crise qui, quoi qu’en dise le gouvernement, est loin d’être finie. La crise est bien là en effet, pour les jeunes qui cherchent un emploi, les salariés qui se battent dans leur entreprise, les PME qui luttent pour leur survie, les ménages qui préparent la rentrée scolaire, les retraités dont les pensions n’augmentent pas. Nous leur devons à tous une indignation contre la politique actuelle, mais surtout des propositions pour une vie meilleure en demandant au Président de la République d’agir enfin. Les Français ne sont pas dupes : ministres en Sarkozye, professionnels de la méthode Coué, managers et traders – ceux qui s’empressent d’annoncer le retour à la normale sont ceux qui n’avaient pas vu arriver le choc global. Le monde a changé, pas leurs lunettes ni leurs recettes !
Un Parti Socialiste utile aux Français, c’est aussi un PS capable de proposer un autre projet de société. Les événements de cet été, les bonus en cascade dans les banques et les coups de menton à répétition de l’Elysée, sont une preuve de plus que le libéralisme financier n’est pas amendable, que c’est bien un nouveau modèle, juste, efficace et préparant l’avenir qu’il nous faut proposer. Ce projet doit tout à la fois être imaginatif et crédible, original et solide, inventif et réaliste. Le travail a bien commencé, et La Rochelle en sera le premier temps fort collectif. Dans la foulée, nous lancerons le tour de France du projet pour débattre avec les Français sur la société dans laquelle ils ont envie de vivre. Nous préparerons nos propositions pour un nouveau modèle de développement économique, social, écologique, mais aussi territorial, éducatif, républicain.
Un Parti socialiste utile aux Français, c’est un Parti socialiste ouvert aux forces de gauche et aux citoyens qui n’en peuvent plus de ces politiques injustes et inefficaces, de cette pratique du pouvoir autocratique du Président de la République, et qui n’accepte pas l’affaissement de la place de la France dans le monde.
Pour réussir cela, il faut un Parti socialiste fier de ses valeurs, enthousiaste à les faire partager et profondément rénové dans ses pratiques. Il nous faut maintenant sortir des discours et des réflexions pour passer aux actes.
J’ai fixé une feuille de route en m’adressant en juin à chaque militant : un parti combatif contre la politique de Nicolas Sarkozy, un Parti de transformation porteur d’un large projet de société, la construction d’une maison commune de la gauche, et la rénovation de notre Parti. L’ensemble de ces missions qui sont celles d’un grand Parti de gauche doivent être menées de pair. Au cours des dernières années, notre Parti est souvent apparu immobile, donc conservateur ; fermé sur lui-même, donc imperméable aux défis d’aujourd’hui ; divisé par des ambitions personnelles, donc bien loin des difficultés des Français. Les Français nous demandent, attendent avec impatience un Parti socialiste en mouvement et une pensée en mouvement. Je souhaite ardemment l’un et l’autre. (…)
Et puis nous nous réjouissons que soient présents auprès de nous les dirigeants de la gauche. Nous avons voulu mettre la gauche à l’honneur avec des représentants dans chaque atelier et bien sûr la présence demain à nos deux grandes tables rondes de ses dirigeants, que je salue en votre nom. C’est en partant de l’analyse et des idées de progrès que nous voulons pour la France, que nous devons commencer. Le projet doit précéder les alliances. C’est incontournable. Faute de quoi, on confond refondation et combinaisons. (…)
Je n’ai pas souhaité m’exprimer avant la séquence de la Rochelle parce que c’est ici, au milieu de vous que je souhaite le faire. C’est une marque de respect pour la démocratie interne d’un grand parti comme le nôtre, pour les militants, les élus qui consacrent une grande partie de leur temps, de leur vie à se battre pour changer la vie des Français. Et puis je préfère, vous le savez, la pensée solide au raisonnement rapide, l’expression collective au chacun pour soi. La société médiatique a ses exigences, mais pour moi (on ne se refait pas), le respect d’un Parti, de ceux qui en portent les valeurs, qui en font l’âme et la force, prime avant tout et primera toujours.
Cette feuille de route, nous devons la mener avec détermination. Mes camarades, l’alternance se mérite. Nous devons être enthousiastes et non impatients ; convaincants et non arrogants. Les Français attendent du sérieux et non des coups d’éclat. C’est là l’honneur de la politique. Vous m’avez demandé de conduire notre Parti socialiste pour qu’il retrouve la confiance des Français car c’est la condition pour que les Français retrouvent confiance dans l’avenir. Et vous le savez, rien ne me fera dévier de cette mission, ni le tintamarre médiatique, ni les injonctions, ni le yoyo des sondages. (…)
Au moment où le néolibéralisme démontre l’absurdité de son système et son échec économique et social, soyons fiers de défendre ce dont le monde a besoin : la justice, l’égalité qui rime avec liberté, la fraternité, la laïcité, l’internationalisme. (…)
Je le dis avec force, la rénovation de notre Parti ne peut à elle seule convaincre les Français de nous refaire confiance. Il nous faut un projet fort, mais nous le savons aussi : quelle que soit la qualité de nos propositions, notre crédibilité passe par d’autres pratiques politiques, par la construction d’un grand Parti ouvert sur la société et la gauche et qui sache se renouveler en permanence. (…)
Alors oui, cette fois ci, cette rénovation, nous allons la faire. De A à Z – ou plutôt de C comme cumul à P comme primaires ! Aujourd’hui, je ne fais pas de grandes promesses. Je propose des décisions, une démarche et un calendrier.
Je vous propose de tenir une Convention nationale extraordinaire de modification de nos statuts avant l’été 2010. J’ai entendu beaucoup de positions, souvent convergentes, parfois contradictoires, sur ce qu’il fallait faire ou ne pas faire. Il s’agit de l’avenir de notre Parti. C’est donc aux militants de trancher. Alors je souhaite leur donner la parole, vous donner la parole.
J’ai décidé d’organiser une consultation militante le 1er octobre pour que les militants nous fixent le cap. Nous tiendrons un Conseil National le 12 septembre pour la préparer. Ces orientations choisies, le travail s’engagera pour fixer les modalités concrètes et les modifications statutaires qui devront être votées avant l’été.
Je vois pour ma part cinq champs de réforme.
-Tout d’abord, le non-cumul des mandats. Nous savons que c’est une condition du renouvellement des générations et de l’ouverture de notre Parti vers la société. Nous ne pouvons pas en permanence vouloir notre Parti exemplaire et attendre des lois qui ne viennent pas, même lorsque nous sommes au pouvoir. Je souhaite que nos statuts avancent radicalement dans le non-cumul des mandats, que nous appliquerons au lendemain de notre Convention extraordinaire statutaire de l’été 2010. Je propose que nous demandions aux militants s’ils partagent cette volonté d’avancer drastiquement sur cette question. Ils devront nous dire s’ils souhaitent que nous travaillions sur le mandat unique des parlementaires et sur la limitation du nombre de mandats exercés simultanément ou successivement. J’y suis pour ma part favorable. Actons les principes puis travaillons ensemble les modalités.
– En second lieu, les primaires ouvertes. (…) Les primaires doivent être une opportunité pour nous, pas un problème entre nous. Sur ce sujet comme sur d’autres, il faut travailler dans la sérénité et le sérieux.
Les primaires ouvertes doivent être une extraordinaire chance pour notre Parti, pour nous renouveler, pour nous ouvrir à la société et pour créer un vaste mouvement populaire. Pour y parvenir, il ne faut pas s’y engager tête baissée, mais avec une véritable cohérence politique. Penser avant de décider, c’est le principe de précaution en politique et mon rôle de le faire valoir. Nous refusons évidemment que les primaires se transforment en une compétition entre des réseaux de partisans pour tel ou tel candidat à l’élection présidentielle.
Mais plus important encore, nous souhaitons qu’elles permettent d’agréger autour de nous toutes celles et ceux qui veulent nous aider à construire un autre projet de société, et qui se mobiliseront ensuite pour la changer avec nous. Nous voulons finalement accueillir tous ceux que l’on pourrait appeler les « activistes » du projet alternatif au système libéral. Et le Tour de France que nous allons engager dans quelques jours pourra en constituer le premier socle. Ce lien entre les primaires ouvertes et la préparation du projet est essentiel. Faute de l’avoir fait avec clarté, sans projet structurant, les primaires de l’Olivier en Italie, aussi exaltantes qu’elles aient pu être, n’ont pas permis le mouvement espéré et nous en mesurons malheureusement aujourd’hui les conséquences dans la faiblesse de la gauche italienne.
Ce mouvement autour des primaires avançant en parallèle de notre projet pourrait conduire au choix de notre candidat au premier semestre 2011.
Ceci étant posé, il est temps d’avancer maintenant. Je souhaite, comme je l’ai défendu dans ma motion au Congrès à Reims, que nous organisions des primaires, ouvertes à toutes les femmes et hommes de gauche qui le souhaitent, pour désigner le candidat du Parti socialiste à la Présidentielle. Les militants s’exprimeront sur ce sujet dans la consultation du 1er octobre.
Doit-on, comme je l’entends défendre par certains, décider qu’il s’agira du candidat de toute la gauche ? Il est sans doute nécessaire d’en discuter avec les autres Partis. Mais je crois que cette décision relève d’une analyse commune et non pas de notre seule vision des choses. Nous disons que nous ne voulons pas être hégémoniques. Prouvons-le ! J’ajoute qu’il est bien difficile de savoir aujourd’hui si l’intérêt de la gauche sera de présenter un ou plusieurs candidats à l’élection de 2012 : la politique, c’est affaire de dynamique, non de simple arithmétique. Nous aurons à en discuter avec nos partenaires et nous devrons le décider ensemble.
– Troisième champ de la consultation militante, la parité, la diversité et le renouvellement générationnel. Un Parti fort est un Parti qui ressemble à la société qu’il représente. Nous devons ainsi organiser en notre sein les conditions de l’égalité réelle d’accès aux responsabilités. Il est grand temps tout d’abord d’inscrire dans nos statuts la parité intégrale dans toutes nos instances. Au-delà, je souhaite que soient créées les conditions d’assurer la diversité en notre sein, au sens le plus large du terme, c’est-à-dire visant l’accès aux responsabilités de militants issus de l’immigration, mais aussi d’ouvriers, d’agriculteurs, d’employés…, qui sont aujourd’hui sous représentés parmi les cadres et les élus de notre Parti. Il s’agit aussi – c’est pour moi un devoir historique – de préparer aujourd’hui une nouvelle génération à exercer demain les responsabilités.
– Nous avons également à trancher plusieurs réformes statutaires visant à mieux articuler le choix de nos orientations et de nos dirigeants politiques, à faciliter les adhésions et à favoriser des modalités de vote fiables.
– Dernier champ de rénovation, les règles d’éthique. Comment garantir un réel civisme interne et la solidarité entre socialistes à tous les niveaux ? Je propose que soit rédigée une charte d’éthique souvent annoncée, jamais mise en œuvre. Une commission présidée par une personnalité faisant autorité dans notre Parti pourrait être chargée de faire respecter ces règles communes. (…)
Par ailleurs, nous devons engager cet immense travail et ce débat de manière ouverte en utilisant tous les moyens y compris internet. Je vous annonce que nous aurons bientôt à notre disposition notre réseau social. Il entre en phase de test et sera accessible mi-octobre pour les adhérents et fin novembre pour l’ensemble de nos sympathisants. Les uns comme les autres trouveront avec cet outil puissant et innovant une nouvelle manière, libre et coopérative, d’investir l’action politique (discuter, partager, échanger, s’organiser…). Son nom, CooPol, Coo, comme coopérative, coopération, bref collectif ; Pol, comme Politique, retour des valeurs, retour du débat, CooPol, comme un lieu de rencontre, de convivialité.
Un Parti rénové, mais aussi un Parti fer de lance du rassemblement de la gauche. Voilà pourquoi j’ai appelé de mes vœux une maison commune de la gauche. Ce terme laisse ouvert tous les chemins que nous voudrons emprunter ensemble.
Mais avec nos partenaires, nous devrons d’abord nous engager sur le projet, sur nos priorités communes avant de parler stratégie électorale.
Mais pour que la maison commune fonctionne, afin de créer ce que j’appellerais la gauche solidaire, il faut respecter trois règles d’or.
La première, c’est la clarté, et la clarté c’est le projet. Notre édifice serait bien fragile si nous commencions par monter les murs et poser le toit avant d’en avoir bâti les fondations. Il nous faut être porteurs ensemble d’un projet commun. C’est un travail exigeant qui nous attend pour proposer le modèle alternatif à cette économie financière libérale qui décidément n’est pas amendable. C’est pour amorcer concrètement ce travail, que nous avons invité nos partenaires de gauche à tous nos ateliers, j’ai par ailleurs proposé deux journées à nos partenaires, que nous pourrions préparer ensemble, l’une sur l’emploi dans ce contexte de rentrée sociale très difficile et l’autre en vue de préparer ensemble nos propositions environnementales pour Copenhague.
La deuxième règle d’or, c’est la conjugaison du droit à l’identité et du devoir de solidarité. En d’autres termes, c’est le respect de chacun. Ce respect, nous devrons nous l’appliquer à nous-mêmes et la demander à nos partenaires, dans la préparation de notre projet comme dans la conduite de nos campagnes électorales. Dans cet esprit, j’ai proposé, notamment à Cécile Duflot, une charte de bonne conduite pour les élections régionales. Quand on appartient à une majorité, on en défend le bilan, on en discute les actions et on en porte ensemble les projets.
La troisième règle d’or, c’est l’acceptation du pluralisme qu’a très bien défini l’ancien maire de Venise, Massimo Cacciari : « le pluralisme serait un malheur si chacune de ses composantes n’avait pas une hospitalité pour chacune des autres ».
C’est l’état d’esprit que je nous recommande, mes chers camarades, pour nous engager, avec la force de ce que nous sommes, dans la construction de cette maison commune.
La maison commune est notre priorité. Et alors qu’en est-il du Modem, puisque ce sujet est sur la table, ce qui est naturel à l’approche d’élections ?
Rappelons tout d’abord que les militants ont tranché cette question lors du Congrès de Reims. Il est vrai qu’il a coulé depuis de l’eau sous les ponts, et que plus aujourd’hui encore qu’hier, François Bayrou revendique son anti-sarkozysme. Mais l’anti-sarkozysme ne fait pas un projet politique … Le rejet du pouvoir actuel, de sa confiscation des médias, de sa fascination pour l’argent, de sa détestation des corps intermédiaires et des contre-pouvoirs, est nécessaire à l’alternance, mais pas suffisant. Il nous faut savoir ce que l’on veut construire sur le plan économique et social.
Nous avons la conviction, plus que jamais, que c’est un vrai projet de gauche qui est nécessaire pour retrouver la confiance des Français en 2012.
François Bayrou nous dit qu’il combattra l’UMP. Mme de Sarnez nous explique que nous avons un adversaire commun. Cela suffit-il pour bâtir ensemble l’avenir ? Je ne crois pas. J’ai la profonde conviction que ce n’est pas à nous aujourd’hui de nous exprimer sur le MODEM tant que celui-ci n’a pas clarifié sa position. Nous devrions tous ensemble poser deux questions à M. Bayrou.
M. Bayrou,
-Vous nous dites vouloir combattre partout l’UMP. Cela va donc changer de vos alliances à la carte aux municipales de 2008. Dont acte. Encore faudra-il vérifier que c’est bien le cas partout. Mais il faut nous en dire plus, allez vous soutenir les candidats de la gauche aux élections régionales ?
– Nous savons contre quoi vous vous battez, mais que proposez-vous ? Etes vous prêts à nous rejoindre sur un projet économique, social et écologique ?
Mes amis, ne soyons pas naïfs. Est-ce que chacun d’entre nous est bien sûr que les clins d’œil appuyés du Modem aujourd’hui n’ont pas pour seul objectif de nous diviser et de faire la courte échelle à François Bayrou pour 2012 ? Nous, en 2012, nous voulons un candidat de gauche.
La véritable modernité, celle qui conduit à la victoire, ce n’est pas la nouveauté dans les photos de famille, c’est la clarté dans les choix politiques. Chaque fois que les socialistes ont été confus, ils ont perdu.
Si des démocrates et humanistes souhaitent nous rejoindre, nous sommes ouverts, mais ils doivent le faire dans la clarté et c’est à François Bayrou de l’apporter si c’est sa conviction. »

24 août 2009

La Rochelle sur le web

Filed under: PS — PS-Saint-mande @ 22:41

L’université d’été du PS, qui se déroulera du 28 au 30 août, dispose d’un site Internet ouvert dès à présent au débat et aux contributions de chacun:

http://larochelle2009.parti-socialiste.fr/

7 août 2009

Alors que la crise est loin d’être terminée, les pratiques financières scandaleuses sont de retour

Filed under: Economie - Emploi - Fiscalité — PS-Saint-mande @ 21:56

Dans des discours tonitruants et promus comme tels (Toulon le 25 septembre 2008, Saint-Quentin le 24 mars 2009, congrès de Versailles le 22 juin 2009), le président de la République a annoncé « une moralisation du capitalisme » et promis la fin des bonus exubérants et des parachutes dorés en contrepartie des aides accordées aux banques. Le décalage entre les mots et les actes est total.
L’annonce non démentie de la constitution d’une réserve d’un milliard d’euros de bonus par BNP Paribas aux managers, traders, gestionnaires de portefeuilles d’actions, analystes financiers… d’une de ses filiales, sonne comme un véritable scandale.
Que l’on se souvienne des 5 milliards d’euros d’aides et de garanties d’Etat alloués lors du « plan de sauvetage des banques » pour faire face au risque de crise de liquidités et au rachat de Fortis. Sans ce soutien de la puissance publique, BNP Paribas n’aurait pu réaliser 1,6 milliard d’euros de bénéfice au deuxième trimestre et reconstituer ses marges, alors même qu’elle assèche le crédit aux particuliers et aux PME.
Alors qu’en avril dernier, les dirigeants du G20 en appelaient à une moralisation des pratiques financières et à une limitation des rémunérations au sein des activités de marchés et de capitaux, la vérité des faits contredit une fois de plus violemment ces effets d’annonce.
Chacun mesure aujourd’hui la faute économique, politique et morale qui a consisté, de la part du gouvernement, à ne pas entrer dans le capital des établissements bancaires qui ont reçu l’aide de l’Etat, exigence sans cesse formulée par le Parti socialiste et l’ensemble de la gauche.
Alors que la crise n’est pas terminée, les pratiques qui en sont à l’origine sont déjà de retour. Nous sommes loin de l’indispensable changement de système économique permettant la sortie de crise.
Le Parti socialiste appelle le président de la République à transformer ses appels à la moralisation et à l’autorégulation par les acteurs financiers de leur comportement en des faits concrets. Dans la perspective du prochain G20 qui se réunira à Pittsburgh en septembre, au sein de l’Union européenne et d’abord en lien avec l’Allemagne, il appartient à la France de prendre vraiment la tête d’un encadrement des pratiques financières et d’un plafonnement des rémunérations des acteurs du secteur. Les choix pratiqués dans l’hexagone doivent avoir valeur d’exemple, donc d’impulsion : les Français attendent de leur gouvernement qu’il fasse respecter par les banques l’ensemble des contreparties fixées en échange des aides reçues.

Communiqué de Martine Aubry, première secrétaire, et Guillaume Bachelay, secrétaire national à l’industrie, aux entreprises et aux NTIC, le 5 août 2009

1 août 2009

Grand Paris : le projet du comité Balladur et celui de Paris Métropole

Filed under: Institutions - Démocratie,Régionales 2010,Val-de-Marne — PS-Saint-mande @ 11:48

Le rapport de la mission sénatoriale sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales conclut fort justement à la nécessité de poursuivre les réflexions sur ce qu’il est convenu d’appeler  » le Grand Paris « . Pour autant, nous ne partons pas de rien.
Dans la décantation progressive de ce sujet, deux projets émergent clairement : celui du comité Balladur et celui de Paris Métropole.
Celui du comité Balladur repose sur deux erreurs initiales. Le comité Balladur a d’abord traité la question de la gouvernance comme un sujet en soi, sans véritablement s’interroger sur les besoins de la région et des Franciliens. Il a voulu ensuite plaquer un schéma de gouvernance préétabli sur un périmètre prédéterminé, en contradiction totale avec un constat pourtant juste du comité Balladur évoquant dans son rapport des  » besoins criants  » de coordination entre les collectivités locales d’Île-de-France. Et comment le comité Balladur s’y prend-il pour répondre à de tels besoins ? En supprimant des collectivités locales ! C’est tout le sens de la création d’un département unique de la petite couronne qui, de plus, risque de provoquer la dissolution de toutes les intercommunalités existantes. Plus grave encore, les auteurs de cette proposition commettent l’erreur stratégique de concevoir l’avenir de la région capitale à l’échelle de la petite couronne. Cette proposition entérinerait donc une région à deux vitesses, avec un  » hyper centre  » doté de pouvoirs comparables à ceux d’une communauté urbaine, le reste de la région étant censé trouver son ancrage en Île-de-France par la seule grâce d’un nouveau mode de scrutin. Disons-le clairement, le groupe socialiste du Sénat n’y croit pas : la vie économique, les politiques publiques à mettre en oeuvre, les solidarités à construire, bref, l’aménagement d’un territoire aussi stratégique ne sont certainement pas solubles dans un mode de scrutin.
L’autre projet est celui du syndicat mixte d’études Paris Métropole dont M. Jean-Yves Le Bouillonnec, député-maire de Cachan, a été élu président le 10 juin dernier. Ce projet est le fruit d’une démarche entreprise, sous l’impulsion de M. Bertrand Delanoë, par de nombreux élus franciliens, de droite comme de gauche, qui veulent disposer d’un instrument fédérateur pour coordonner, impulser et renforcer les dynamiques nécessaires autour des principaux enjeux de l’Île-de-France.
Ce projet permettrait de mieux coordonner les collectivités sur un périmètre qui n’exclue pas un Francilien sur deux en englobant les secteurs de développement indispensables à l’Île-de-France mais aussi la plupart des quartiers en difficulté de la région. Concrètement, Paris Métropole doit pouvoir être doté de compétences ou de missions reconnues dans des domaines qui nécessitent toujours plus de coordination. La solidarité financière, la politique du logement, et les enjeux urbains que sont l’organisation physique du territoire francilien, son dynamisme économique et la politique des transports. On le voit, cette perspective est aux antipodes de l’immobilisme et du statu quo. C’est pourquoi le groupe socialiste du Sénat a la conviction qu’elle mérite mieux que le mépris affiché par les tenants d’une recentralisation qui assument le risque d’une région coupée en deux et par là même impuissante.
Ce débat est loin d’être terminé. Puissent la sagesse et l’écoute des élus l’emporter.

Extrait de la Lettre de Serge Lagauche, sénateur du Val-de-Marne (n° 22, juillet 2009, p. 2-3).

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